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Éclipse 12 août 2026 : contacts minute par minute par ville

Éclipse 12 août 2026 : contacts minute par minute par ville

Par Guillaume P.

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Guillaume P.

Le 12 août 2026, à 19h29 heure locale, la Lune commence à mordre le disque solaire au-dessus de Bordeaux. Cinquante-huit minutes plus tard, à Oviedo, le ciel s'assombrit en plein jour pendant un peu moins de deux minutes. Entre les deux, quatre contacts précis rythment l'éclipse pour chaque ville de la bande, et personne ne les publie regroupés. J'ai déjà couvert le guide général de cette éclipse en mars, avec la trajectoire, la sécurité et la météo. Ici, on descend d'un cran : l'horaire exact, à la seconde, ville par ville.

Ces horaires viennent des éphémérides, pas d'une observation : l'éclipse n'a pas encore eu lieu. Tout ce qui suit décrit ce qui va se produire.

Les quatre contacts, ville par ville#

Une éclipse totale se découpe en quatre instants : C1 marque le début du grignotage du disque solaire par la Lune, C2 le début de la totalité, le maximum se situe au milieu de la totalité, C3 en marque la fin, C4 le retour à un ciel normal. Entre C2 et C3, vous pouvez retirer les lunettes de protection. En dehors, jamais. Précision qui vaut pour la majorité des lecteurs de ces lignes : C2 et C3 n'existent que dans la bande de totalité. Les villes françaises n'en ont aucun, elles n'ont qu'un maximum de couverture partielle. En France le 12 août, les lunettes ne se retirent à aucun moment.

Onze villes de la bande de totalité, en Espagne. Toutes les heures qui suivent sont en heure locale espagnole (CEST). Pour l'UTC, retranchez deux heures. Reykjavik, seul autre point urbain de la bande, a son propre fuseau et sa propre section plus bas.

D'abord la totalité, c'est-à-dire les deux minutes pour lesquelles on fait le voyage.

VilleDébut (C2)MaximumFin (C3)Durée
Oviedo20:27:0720:28:0120:28:551 min 48 s
Gijón20:26:4920:27:4120:28:341 min 45 s
Santander20:26:5920:27:3020:28:011 min 02 s
Burgos20:28:2720:29:1920:30:101 min 43 s
Valladolid20:29:5420:30:3820:31:221 min 28 s
Palencia20:29:1020:30:0120:30:521 min 42 s
León20:28:2220:29:1420:30:071 min 45 s
Saragosse20:29:0420:29:4520:30:271 min 23 s
Teruel20:31:0520:31:5320:32:401 min 35 s
Castellón de la Plana20:31:2020:32:0720:32:541 min 34 s
Palma de Majorque20:31:0620:31:5420:32:421 min 36 s

Ensuite l'enveloppe complète du phénomène, du premier grignotage au retour à la normale. C'est cette fenêtre-là qu'il faut bloquer dans un planning, pas la précédente : elle se compte en heures là où la totalité se compte en secondes.

VillePremier contact (C1)Dernier contact (C4)
Oviedo19:31:2221:21:06
Gijón19:31:0421:20:46
Santander19:31:2421:20:09
Burgos19:33:2421:20:16 *
Valladolid19:34:3221:22:56 *
Palencia19:33:5621:22:36
León19:32:4621:22:08
Saragosse19:34:4221:07:35 *
Teruel19:36:5821:05:54 *
Castellón de la Plana19:37:3321:00:55 *
Palma de Majorque19:38:0520:49:23 *

* Dans ces six villes, le Soleil se couche avant le retour au disque complet : l'éclipse partielle s'interrompt avec le coucher, elle ne va pas à son terme théorique.

Le décalage entre les villes espagnoles tient à la géométrie de la bande, qui se déplace du nord-ouest vers le sud-est : Gijón entre en totalité la première, à 20 h 26 min 49 s, Castellón de la Plana la dernière, à 20 h 31 min 20 s. Quatre minutes et demie séparent les deux extrémités du tableau.

Reykjavik n'a pas la durée record#

En clair : la confusion la plus fréquente sur cette éclipse porte sur l'Islande. La durée maximale de toute la trajectoire, 2 minutes 18 secondes, ne se produit pas à Reykjavik. Elle se produit au large, dans le détroit du Danemark, au point de coordonnées 65°10,3' Nord et 25°12,3' Ouest, en pleine mer. Reykjavik est dans la bande, mais proche de son bord nord : la ville ne voit qu'environ une minute de totalité (58 à 61 secondes selon la source). Sur ce genre de chiffre, je préfère vérifier deux fois : celui-là a déjà piégé plusieurs sites en ligne.

Ses horaires, en UTC puisque l'Islande ne pratique pas de décalage saisonnier : premier contact à 16:47:10, totalité de 17:48:15 à 17:49:12, maximum à 17:48:44, dernier contact à 18:47:35.

Sept villes françaises, zone partielle#

Aucune ville française métropolitaine n'entre dans la bande de totalité. Le pays reste en couverture partielle, avec un maximum qui dépasse 90 % sur une bonne partie du territoire.

Heures en heure locale française, elle aussi à UTC+2 le 12 août.

VilleMaximumCouverture
Biarritz20:26:54environ 99 %
Bordeaux20:24:3097,5 %
Toulouse20:25:5897,7 %
Perpignan20:26:5898 %
Paris20:17:1692,1 %
Lyon20:21:37environ 94 %
Marseille20:25:1696,5 %

Sur Paris, deux sources indépendantes tombent d'accord sur 92,1 %. Une troisième donne 93,1 %, isolée : je retiens la valeur qui recoupe. Sur Biarritz, trois sources s'échelonnent entre 99,2 % et 99,5 %, sans consensus net à la décimale près : mieux vaut parler de couverture quasi-totale que trancher un chiffre que personne ne confirme. Même prudence sur Lyon, donnée à 94,5 % d'un côté et 93,8 % de l'autre. D'où les deux « environ » du tableau : ils signalent un désaccord entre sources, pas un arrondi de confort.

92 % de couverture, ce n'est pas 92 % d'obscurité. La luminosité perçue reste proche de la normale jusqu'à des couvertures élevées, parce que l'œil s'adapte. La vraie bascule se joue dans les dernières minutes avant le maximum.

La séquence des phénomènes, dans l'ordre où ils arrivent#

Ordre chronologique pour un observateur situé dans la bande de totalité, avec la portée de chaque étape : partout, ou seulement dans la bande.

Environ une heure avant la totalité, dès C1. Le disque lunaire commence à grignoter le disque solaire. Sous un arbre, l'effet sténopé projette au sol des croissants de lumière à travers le feuillage. Visible partout, y compris en zone partielle française.

Environ 15 minutes avant. La lumière baisse de façon perceptible et prend une teinte étrange, selon l'American Astronomical Society (AAS). Net uniquement à l'approche de la bande de totalité.

Juste avant. Il fait plus frais. La baisse moyenne documentée par l'AAS sur des éclipses passées tourne autour de 5 degrés Celsius, avec de fortes variations selon les conditions du jour. C'est une moyenne historique, pas une prévision météo pour le 12 août 2026 : personne ne peut prévoir la météo du jour à cette distance. Uniquement dans la bande.

Dans la dernière minute avant C2. Des ombres volantes peuvent apparaître : de fines ondulations sombres et claires qui glissent sur le sol, causées par la turbulence atmosphérique. Pas garanties. Uniquement dans la bande.

Quelques secondes avant C2. Les grains de Baily : les derniers rayons de Soleil filtrent par les vallées du relief lunaire et créent des points brillants qui s'éteignent un à un. Uniquement dans la bande.

La dernière seconde avant C2. L'anneau de diamant : un seul grain persiste, brillant comme serti dans l'anneau pâle de la couronne interne. Ce grain est encore de la lumière solaire directe : les lunettes restent en place. Elles ne se retirent qu'une fois le point éteint, quand le ciel s'assombrit d'un coup. Uniquement dans la bande.

De C2 à C3. La chromosphère apparaît en arc rouge et rose vif, puis disparaît vite. Les protubérances, boucles de gaz hydrogène, s'étirent depuis le bord du disque. La couronne se déploie en halo blanc et vaporeux. Une lueur à 360 degrés apparaît à l'horizon, comme un lever et un coucher de Soleil simultanés. Uniquement dans la bande.

À l'instant C3. Réapparition brutale : un point de lumière éclate, puis la séquence inverse, anneau de diamant, grains de Baily, chromosphère, croissant qui s'élargit. Les lunettes doivent déjà être revenues : remettez-les quelques secondes avant l'heure de C3 de votre ville, pas au moment où vous voyez la lumière. Ce que vous voyez à C3, vous le regardez trop tard. Uniquement dans la bande.

Les phénomènes qui encadrent la totalité n'existent que dans la bande. À Paris ou à Bordeaux, vous ne verrez qu'un croissant solaire qui se resserre puis se rouvre, sans jamais disparaître.

Sur le comportement animal, les observations documentées viennent d'éclipses passées, pas de celle-ci : grillons qui chantent comme la nuit, poules qui se regroupent, jusqu'à 75 % des espèces observées au zoo de Riverbanks réagissant lors de l'éclipse américaine de 2017. Aucune observation n'existe encore pour le 12 août 2026.

Vénus dans le ciel, sans chiffre pour l'Espagne#

Pendant la totalité, une planète brillante ou deux se détachent du ciel assombri. Selon l'American Astronomical Society, Vénus et Jupiter dominent, Mars et Saturne restent discrètes : c'est la règle générale pour ce type d'événement. La NASA chiffre l'élongation de Vénus pour le Royaume-Uni. Pour l'Espagne, aucune source consultée ne donne cette valeur, et je ne l'invente pas. Vénus sera visible, brillante, à l'est du Soleil éclipsé, sans degré à annoncer.

La même nuit, les Perséides atteignent leur pic, avec une nouvelle Lune qui garantit un ciel sombre idéal après le coucher du Soleil. J'en ai détaillé les horaires dans l'article dédié aux Perséides 2026. Une éclipse en fin de soirée, un pic de météores dans la nuit qui suit : deux rendez-vous rares en moins de vingt-quatre heures.

Une année chargée en éclipses#

2026 aligne quatre éclipses. Celle du 12 août est la seule qui vaille un déplacement depuis la France. L'éclipse lunaire totale de mars et l'annulaire de février sont détaillées ailleurs sur le site. Et si vous préférez une soirée collective à un chrono minute par minute, le programme des Nuits des étoiles 2026 tombe quelques jours plus tôt.

Entre Burgos et Oviedo, cinq secondes d'écart sur la totalité. À ce niveau, le choix ne se joue plus sur le chrono mais sur la hauteur du Soleil et le relief à l'ouest, que j'ai détaillés ville par ville dans le guide du choix de site. Programmez le réveil sur C2 pour votre ville. Le reste suit tout seul.

Image : couronne solaire et perles de Bailey lors de l'éclipse totale du 21 août 2017 : Crédit : NASA/Carla Thomas, domaine public

Sources#

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