Le 28 août 2026, la Lune traverse l'ombre de la Terre. Éclipse partielle, pas totale : une bonne partie du disque plonge dans le noir, le reste reste éclairé. Depuis la France, vous ne verrez pas la fin. Point. La Lune se couche avant que le phénomène soit terminé. Je vous donne les horaires exacts, le vrai chiffre de couverture (pas celui qui circule), et ce que ça change pour vous si vous comptez sortir le réveil.
Les horaires, en heure de Paris#
Cinq contacts marquent le déroulé de l'éclipse. Les voici en CEST (heure d'été, UTC+2), sourcés Wikipedia sur données NASA/Fred Espenak (GSFC) :
| Phase | Heure (Paris, CEST) |
|---|---|
| Entrée dans la pénombre (P1) | 03 h 23 |
| Entrée dans l'ombre, début de la phase partielle (U1) | 04 h 33 |
| Maximum de l'éclipse | 06 h 12 |
| Sortie de l'ombre, fin officielle de la phase partielle (U4) | 07 h 51 |
| Sortie de la pénombre (P4) | 09 h 01 |
EarthSky, qui recoupe ces horaires avec un modèle de calcul différent, tombe à 10-30 secondes près sur les mêmes valeurs. C'est normal, ce n'est pas une incertitude sur l'événement, juste deux méthodes de calcul qui ne s'accordent pas à la seconde. Ne cherchez pas de précision au-delà.
La phase partielle dure environ 198 minutes, un peu plus de trois heures. Tout l'événement, pénombre comprise, s'étale sur environ 337 minutes, un peu plus de cinq heures et demie.
Le piège : 93 % ou 96 %, ce n'est pas la même chose#
Vous allez croiser les deux chiffres sur le sujet, souvent présentés comme interchangeables. Ils ne le sont pas.
La magnitude umbrale, celle que la NASA publie via Espenak, est de 0,9319. C'est la fraction du DIAMÈTRE de la Lune qui entre dans l'ombre. En clair : 93 % du diamètre lunaire s'assombrit au maximum, pas la totalité.
Le chiffre de 96 % que vous verrez ailleurs (Starwalk, Celestron) mesure autre chose : la proportion de SURFACE du disque plongée dans l'ombre. Une surface se remplit plus vite qu'un diamètre ne se traverse, c'est de la géométrie basique, donc le pourcentage grimpe. Les deux chiffres sont corrects, chacun pour la grandeur qu'il mesure. Le problème, c'est que personne ne prend la peine de dire lequel il cite. Résultat : le 96 % circule comme s'il s'agissait de la magnitude officielle. Ce n'est pas le cas.
Vous ne verrez pas la fin, et voici pourquoi#
C'est le point qu'aucune des sources françaises que j'ai consultées n'explicite clairement, alors que le calcul est basique.
À Paris, la Lune se couche entre 07 h 08 et 07 h 10 (CEST). La fin officielle de la phase partielle, l'horaire U4 du tableau plus haut, tombe entre 07 h 51 et 07 h 52. Faites le calcul : l'astre a déjà disparu sous l'horizon plus de quarante minutes avant la fin du phénomène. Depuis la France métropolitaine, l'éclipse n'est jamais observable jusqu'à son terme. Jamais. Vous voyez l'entrée dans l'ombre et l'approche du maximum, puis la Lune vous échappe.
Autre donnée à connaître avant de choisir votre spot : au maximum de l'éclipse, la Lune culmine à environ 8 degrés au-dessus de l'horizon. C'est bas. Très bas. Un immeuble, une colline, une rangée d'arbres, et c'est fichu. La fiche ne donne pas d'azimut précis, seulement une direction : vers l'ouest. Repérez votre horizon ouest la veille, en plein jour, pour voir ce qui le bouche.
Contrairement à une éclipse solaire, celle-ci se regarde à l'œil nu, sans aucune protection. Aucun risque, la lumière lunaire n'a jamais brûlé personne. Des jumelles ou un petit télescope aident à distinguer la teinte cuivrée que prend la Lune pendant la phase la plus sombre, mais ce n'est pas obligatoire pour profiter du spectacle.
La seule contrainte réelle, c'est l'horizon. Sortez avant l'entrée dans l'ombre (04 h 33), installez-vous face à l'ouest, et acceptez que le réveil sonnera tôt pour une fenêtre d'observation courte. Si votre horizon ouest est bouché depuis chez vous, ce n'est pas la peine d'insister, changez de spot.
Faut-il vraiment se lever pour ça ?#
J'hésite, pour tout dire. Une phase visible amputée, un horizon à 8 degrés qui demande un site dégagé, un réveil avant l'aube pour un spectacle qu'on ne verra pas en entier : sur le papier, ça ne vend pas du rêve. Un piège attend ceux qui iront chercher les horaires ailleurs : beaucoup de tables d'éphémérides publient en temps universel sans le préciser. Fin août, la France est à UTC+2. Confondre les deux, c'est arriver deux heures avant le phénomène, en pleine nuit. Vérifiez toujours que l'horaire que vous lisez porte son fuseau, sinon il ne sert à rien.
Reste que voir une Lune cuivrée grimper puis disparaître sous l'horizon ouest a son charme, même version écourtée. Si vous avez un balcon ou un point haut dégagé côté ouest, ça vaut le déplacement. Sinon, gardez vos heures de sommeil pour la prochaine.
Une éclipse parmi d'autres en 2026#
Cette éclipse lunaire n'a rien à voir avec l'éclipse solaire totale du 12 août 2026, qui a traversé l'Espagne, l'Islande et le Groenland deux semaines plus tôt. Deux mécanismes différents, deux dates différentes, ne mélangez pas les deux. Si vous voulez voir comment s'est passée l'observation côté Espagne, notre compte-rendu depuis Burgos revient sur le terrain, et le tableau des hauteurs du Soleil par ville détaille pourquoi la position au sol change tout, un principe qui vaut aussi pour cette éclipse lunaire et son horizon à 8 degrés.
Côté lunaire, la précédente de l'année s'est jouée en mars : l'éclipse totale du Saros 133 offrait, elle, une Lune entièrement plongée dans l'ombre, visible surtout depuis l'Asie. Rien à voir avec la partielle du 28 août, ni dans le type d'éclipse, ni dans la zone de visibilité.
Zones concernées par celle du 28 août : Afrique, Europe, Scandinavie, Islande, une partie du Groenland, l'Antarctique, la majeure partie des Amériques et le Pacifique oriental. La France y figure, avec la réserve qu'on vient de détailler sur l'horizon et le coucher de Lune.
Image : composite de sept clichés d'une éclipse lunaire, prise le 14 mars 2025 au-dessus du NASA Michoud Assembly Facility. Il s'agit d'une autre éclipse que celle du 28 août 2026. Crédit : NASA, domaine public.
Sources#
- Image : composite d'éclipse lunaire, NASA Michoud Assembly Facility, domaine public
- Wikipedia (données NASA/Fred Espenak, GSFC) : horaires de contact, magnitude umbrale et durées de l'éclipse
- EarthSky : contre-vérification des horaires, zones de visibilité
- Celestron / Starwalk.space : taux de couverture surfacique du disque lunaire
- Vercalendario.info : horaires CEST à Paris, hauteur de la Lune, heure de coucher
- Astroshop.de : recommandations d'observation à l'œil nu






Comment observer, sans y laisser vos yeux#