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Orionides 2026 : pic le 21 octobre, malgré la Lune

Orionides 2026 : pic le 21 octobre, malgré la Lune

Par Julien P.

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Julien P.

Oui, les Orionides 2026 s'observent malgré la Lune, à une condition : les chercher quand elle est couchée. À Paris, d'après l'IMCCE, la Lune se couche à 02:29 le 21 octobre puis à 03:41 le 22, en heure légale. Le début de l'aube astronomique tombe à 06:34 le 21 et à 06:36 le 22, selon le même service. Ces quatre heures décident de la qualité de la nuit bien plus que la date du maximum, que l'on cite partout comme si elle suffisait. La mise en regard de ces deux relevés est la mienne : l'IMCCE donne des heures, pas un créneau.

Que dit le calendrier de l'IMO pour 2026 ?#

Dans le calendrier 2026 de l'International Meteor Organization (IMO), les Orionides ont leur maximum le 21 octobre, soit une longitude solaire de 208 degrés. Le radiant se situe à α = 95 degrés et δ = +16 degrés, dans la constellation d'Orion, et les météores entrent dans l'atmosphère à 66 km/s. Selon la NASA, l'essaim est actif du 2 octobre au 7 novembre 2026 et sa nuit de pointe est celle du 21 au 22 octobre ; l'American Meteor Society (AMS) retient la même nuit.

Le 21 octobre de l'IMO et la nuit du 21 au 22 de la NASA ne se contredisent pas : le premier est une date, la seconde un découpage en nuit d'observation. Le maximum lui-même est large. L'IMO écrit que les Orionides peuvent offrir plusieurs maxima secondaires, et que l'activité peut rester comparable pendant plusieurs nuits consécutives centrées sur le pic principal. Se fixer sur une minute précise du 21 n'aurait donc pas grand sens, et c'est pour cela que cet article raisonne en nuits plutôt qu'en heure de pic.

J'ai relu le PDF du calendrier IMO en entier plutôt que de me fier aux extraits repris par les sites d'actualité, et la fiche des Orionides y tient en quelques lignes : date, ZHR, vitesse, radiant, un paramètre de population de 2,5 selon cette même source. Tout le reste, la Lune en particulier, se construit ailleurs.

« ZHR = 20+ » ou « 10 à 20 par heure » : deux grandeurs#

Le calendrier IMO indique « ZHR = 20+ ». Le ZHR, taux horaire zénithal, est un taux théorique : ciel idéal, radiant au zénith. La NASA, elle, parle d'environ 10 à 20 météores par heure sous ciel sombre. Les deux chiffres se ressemblent, ils ne mesurent pas la même chose : l'un est un plafond de calcul, l'autre une attente d'observateur. Dans les conditions idéales du ZHR, on peut compter jusqu'à 20 et plus ; sous un ciel réel, la NASA situe l'attente entre 10 et 20.

Le contexte historique rend la comparaison plus intéressante. D'après l'IMO, chaque retour de 2006 à 2009 a produit des ZHR inattendus par leur force, dans une fourchette de 40 à 70 sur deux ou trois dates consécutives. Le ZHR maximal moyen de 2012 à 2020, toujours selon l'IMO, est de l'ordre de 20 à 30. Les Orionides ont donc connu une période plus généreuse que leur réputation d'essaim modeste, et la valeur de 2026 se lit contre cet arrière-plan, pas contre le seul « 10 à 20 » des guides.

La Lune : trois quarts éclairée#

Le premier quartier tombe le 18 octobre et la pleine Lune le 26 octobre, d'après l'IMO. Entre les deux, la Lune est gibbeuse croissante. L'IMO le formule avec retenue : la Lune croissante laisse des heures sans Lune au moins jusqu'au maximum. L'AMS est plus sévère : elle attend une interférence importante tant que la Lune est au-dessus de l'horizon, tout en précisant que les météores les plus brillants restent visibles.

Reste le pourcentage d'illumination. L'AMS annonce 74 % pour la nuit du 21 au 22. Une seconde mesure existe, brute : l'IMCCE, via son service Miriade, calcule un angle de phase de 64,03 degrés le 21 octobre à 00:00 UT. Je ne la convertis pas en pourcentage ; « environ les trois quarts éclairée » suffit pour la suite.

À Paris, les deux nuits côte à côte#

Voici le tableau que je voulais voir publié avant de rédiger ce guide. Les heures sont en heure légale (UTC+2), valable jusqu'au 25 octobre 2026, puis UTC+1.

NuitCoucher de la Lune (IMCCE)Début de l'aube astronomique (IMCCE)
du 20 au 21 octobre02:29 le 2106:34 le 21
du 21 au 22 octobre03:41 le 2206:36 le 22

Deux précisions de lecture. D'une part, la Lune se lève le 20 à 16:38 et le 21 à 16:55 selon l'IMCCE, avec un passage au méridien à 21:28 puis à 22:12 : elle est levée dès la fin d'après-midi et le ciel ne devient sombre qu'après son coucher. D'autre part, le créneau sans Lune court du coucher de la Lune jusqu'à l'aube astronomique. Je lis volontairement les deux heures sans en tirer de durée : le service Miriade de l'IMCCE les calcule à la minute, pour un point de Paris, et je m'en tiens à cette précision.

La Lune se couche plus tard la nuit du 21 au 22 que celle du 20 au 21, et l'aube astronomique aussi. Entre les deux nuits, mon penchant va à la seconde, celle que la NASA et l'AMS désignent comme la nuit du pic ; l'argument de la première, une Lune couchée plus tôt, ne s'écarte pas si facilement, et rien n'interdit de sortir les deux soirs.

Quelle consigne pour un lecteur qui n'est pas à Paris ?#

Ces heures valent pour Paris, et pour Paris seulement. Pour tout autre lieu, consultez une éphéméride calculée pour votre commune : le critère reste le même, observer quand la Lune est couchée. Ce critère est vérifiable à vue, sans table : si la Lune est encore dans le ciel, la nuit des Orionides n'a pas commencé.

Côté ciel, l'IMO indique que le radiant atteint une hauteur utile à partir de minuit local environ, un peu avant dans l'hémisphère nord. Le radiant se trouve dans Orion, mais les Orionides se regardent sur tout le ciel ; pour comprendre pourquoi les traînées semblent diverger d'un même point, l'article sur le radiant et la perspective en détaille la mécanique. Et un ciel sombre compte autant que l'absence de Lune : la pollution lumineuse et les sites en ciel noir en France sont le deuxième filtre, celui que le calendrier ne montre pas. Pour situer la Lune elle-même, le guide sur les phases du cycle lunaire donne les repères.

Un essaim voisin brouille la lecture : les ε-Géminides sont actives du 14 au 27 octobre, avec un maximum le 18 octobre, 70 km/s et un ZHR de 3. L'IMO prévient qu'il faut prendre grand soin de séparer les météores des deux sources. Combien de météores un ciel où la Lune vient juste de se coucher laissera passer, personne ne peut l'annoncer à l'avance ; c'est la seule incertitude que je garde, et elle ne se lève qu'en sortant.

D'où vient la poussière : la comète de Halley#

Les Orionides sont des débris de la comète 1P/Halley. D'après la NASA, ce courant de débris donne chaque année deux pluies faibles : les êta-Aquarides en mai et les Orionides en octobre. L'IMO donne pour les êta-Aquarides un maximum le 6 mai et la même vitesse de 66 km/s ; leur guide d'observation existe déjà dans l'article sur les êta-Aquariides de mai 2026.

Halley boucle son orbite en 76 ans en moyenne, selon la NASA. Son dernier passage au périhélie date du 9 février 1986, à 0,5871 ua du Soleil (87,8 millions de km), bien à l'intérieur de l'orbite de Vénus, et son prochain retour est attendu en 2061. Entre-temps, la comète s'est éloignée : d'après JPL Horizons et phys.org, elle a franchi son aphélie début décembre 2023, à environ 35 ua selon le JPL, au-delà de l'orbite de Neptune. Un mouvement rétrograde, inhabituel pour une comète à courte période, complète le portrait selon la NASA.

Je trouve cet écart d'échelle assez frappant : la poussière qui s'enflamme à 66 km/s au-dessus de nos têtes appartient à un objet dont le noyau mesure 16 sur 8 sur 8 km et qui a franchi son point le plus lointain début décembre 2023. La sonde Giotto en avait photographié le noyau en 1986. Chaque octobre, la Terre croise simplement une trace que la comète a laissée derrière elle. Pour qui veut prolonger la saison, les Géminides de décembre ont leur propre guide.

Sources#

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