En décembre 2019, le panel de prévision du cycle solaire annonçait, selon un communiqué de la NOAA du 9 décembre 2019, un pic en juillet 2025 (plus ou moins 8 mois), avec un nombre de taches solaires lissé de 115. Le SIDC, rattaché à l'Observatoire royal de Belgique, place le maximum lissé du cycle 25 en octobre 2024, à 161, soit 160,9 dans le suivi du STCE. Le pic est arrivé plus tôt que le calendrier central et bien au-dessus de la fourchette du panel, de 105 à 125 d'après l'article du SIDC. Reste à savoir ce que l'on mesure exactement, car plusieurs grandeurs circulent sous le même mot de « maximum ».
Le cycle solaire est une oscillation de l'activité magnétique du Soleil, comptée en nombre de taches : environ 11 ans entre deux minimums. Au 1er octobre 2026, le cycle 25 a passé son maximum lissé, que le SIDC place en octobre 2024, et le STCE décrit une baisse continue. Le dernier mensuel brut du fichier de la NOAA est de 76,0 en août 2026, valeur encore provisoire.
Qu'est-ce qu'une tache solaire, et que compte-t-on exactement ?#
Selon la NASA, dans son communiqué du 15 octobre 2024, les taches solaires sont des régions plus froides du Soleil, causées par une concentration de lignes de champ magnétique. On ne compte donc pas de la chaleur mais, indirectement, du magnétisme.
Selon la revue de Hathaway publiée en 2015 dans Living Reviews in Solar Physics, le cycle n'a été véritablement découvert qu'en 1844, quand Schwabe a rapporté dans les Astronomische Nachrichten un cycle d'activité d'une période d'environ 10 ans. La série de référence est aujourd'hui tenue par le SILSO, au sein du SIDC. Selon le SILSO, elle est passée en version 2.0 le 1er juillet 2015, avec l'abandon du facteur conventionnel de 0,6 dit de Zurich. Toutes les valeurs de cet article se lisent dans cette version 2.0.
Pourquoi le Soleil s'agite-t-il par périodes ?#
Selon l'ESA, le cycle solaire dure environ 11 ans et il est causé par la dynamo solaire, le processus qui engendre le champ magnétique du Soleil. La revue de Hathaway écrit qu'il ne fait guère de doute que le cycle est de nature magnétique, tout en précisant que les détails de cette dynamo (comment, quand, où) restent incertains.
Dans le modèle décrit par cette revue, deux mouvements se combinent. Le premier est un cisaillement, l'effet Oméga : il renforce le champ magnétique et l'aligne sur l'écoulement. Le second est un mouvement hélicoïdal, l'effet alpha : il soulève le champ et le tord dans un autre plan. Un exemple suffit à retenir l'idée : un champ qui s'étire, se tord, puis se retourne.
Ce retournement laisse une trace dans les taches. Selon la loi de Hale (Hale et al., 1919, citée par Hathaway et détaillée par le HAO), les taches vont par paires de polarités opposées, dans un sens inverse entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud, et les polarités d'un cycle sont opposées à celles du cycle précédent. Chapman, McIntosh, Leamon et Watkins (Astrophysical Journal, 2021) parlent pour cette raison d'un cycle de Hale, magnétique, d'environ 22 ans, soit deux cycles de taches.
Les pôles magnétiques du Soleil s'inversent eux aussi : selon la NASA, environ tous les 11 ans, au plus haut du cycle. Pour le cycle 25, deux estimations coexistent. Le STCE situe l'inversion en 2023-2024. Un preprint arXiv (Hinode), non évalué par les pairs et soumis le 13 juin 2026, juge probables une inversion au sud en octobre 2024 et au nord en novembre 2024, d'après les calottes polaires au-delà de 70 degrés. Les deux estimations reposent sur des méthodes différentes.
Un cycle de 11 ans dure-t-il vraiment 11 ans ?#
L'ESA et la NASA disent « environ 11 ans », et le mot « environ » porte du sens. La revue de Hathaway (2015) donne une durée moyenne d'environ 132 mois, soit 11 ans, avec un écart-type d'environ 14 mois. Les cycles récents le montrent.
| Cycle | Minimum de début (lissé) | Maximum lissé | Durée |
|---|---|---|---|
| 22 | 13,5 (septembre 1986) | 212,5 (novembre 1989) | 9 ans 11 mois |
| 23 | 11,2 (août 1996) | 180,3 (novembre 2001) | 12 ans 4 mois |
| 24 | 2,2 (décembre 2008) | 116,4 (avril 2014) | 11 ans 0 mois |
| 25 | 1,8 (décembre 2019) | 160,9 (octobre 2024, d'après le SIDC et le STCE) | en cours (cycle 26 attendu entre janvier 2029 et décembre 2032, selon la NOAA) |
Valeurs d'après la table des cycles du SILSO (version 2.0), en nombre de taches lissé sur 13 mois. La ligne du cycle 25 n'y affiche pour l'instant que le minimum : son maximum vient de l'article du SIDC et de la page de suivi du STCE.
Le cycle 22 est le plus court des trois cycles complets, le 23 le plus long. Côté amplitude, le maximum lissé du cycle 25 est plus haut que celui du cycle 24 (116,4) et plus bas que celui du cycle 23 (180,3). Quant au cycle 22, avec un maximum lissé de 212,5 d'après la même table du SILSO, il reste au-dessus de tous.
Où en est le cycle 25 au 1er octobre 2026 ?#
Trois grandeurs circulent sous le nom de maximum, et elles ne se recouvrent pas. Le tableau les range avec leur mois et leur source.
| Grandeur | Valeur | Mois | Source |
|---|---|---|---|
| Record quotidien (provisoire) | 290 | 18 juillet 2024 | STCE |
| Maximum mensuel brut | 216,0 | août 2024 | STCE |
| Maximum lissé sur 13 mois | 160,9 | octobre 2024 | SIDC et STCE (séries SILSO) |
| Dernier lissé calculable (provisoire) | 94,5 | mars 2026 | SILSO |
| Dernier mensuel brut (mois récents provisoires) | 76,0 | août 2026 | fichier NOAA SWPC |
| Prévision NOAA du lissé | 92,5 | juillet 2026 | NOAA SWPC, fichier du 1er octobre 2026 |
Le mensuel brut de 216,0 en août 2024 est, selon le STCE, le plus haut depuis septembre 2001 (238,2). Le lissé de 160,9 en octobre 2024 est une autre grandeur : le SIDC écrit 161, le STCE 160,9, sur la même série. Je me suis arrêté sur ce détail en relisant le fichier mensuel du SILSO : le mois le plus haut du cycle n'apparaît nulle part comme maximum, parce que le lissé l'a étalé sur une fenêtre de 13 mois.
Ce lissé impose de patienter. Selon la page d'information du SILSO, il n'existe pas de valeur lissée pour les six derniers mois de la série. D'après le fichier mensuel du SILSO, le dernier lissé calculable est donc celui de mars 2026, 94,5, après 99,8 en février 2026, les deux provisoires. Aucun lissé n'existe pour avril 2026 et les mois suivants, et un « lissé d'août 2026 » n'existe pas. Pour les mois récents, seul parle le mensuel brut, selon le fichier de la NOAA : 101,5 en mai 2026, 94,4 en juin, 78,1 en juillet, 76,0 en août, les derniers mois restant provisoires.
Il y a une ironie propre à cette série : le chiffre que tout le monde cite, le maximum, est le seul que l'on ne peut pas connaître en direct. Le 15 octobre 2024, lors d'une téléconférence, la NASA, la NOAA et le Solar Cycle Prediction Panel ont annoncé que le Soleil avait atteint sa période de maximum, qui pouvait se poursuivre pendant l'année suivante. Selon la NASA, dans ce même communiqué, le pic exact ne pourrait être déterminé que de nombreux mois plus tard. Une période de maximum et un pic précis sont deux objets différents.
Depuis, le SIDC situe le maximum lissé en octobre 2024, et le STCE, dans sa mise à jour du 29 juin 2026, relève que les prévisions montrent une baisse continue sur les mois suivants. Le calme apparent des derniers mois ne dit pourtant pas que le Soleil s'est tu. Selon le STCE (données au 31 mai 2026), le cycle 25 a produit 104 éruptions de classe X. La plus forte, toujours selon le STCE, une X9.0 dans la région NOAA 13842, date du 3 octobre 2024, dans le mois même du maximum lissé, et une X8.1 est encore survenue le 1er février 2026. La différence entre une éruption solaire et une éjection de masse coronale a son propre article, qui détaille les échelles de la NOAA.
Les effets au sol ont eux aussi marqué ce cycle. Selon la NASA, la tempête géomagnétique de mai 2024 a été la plus forte à atteindre la Terre en deux décennies. Pour savoir où et quand voir une aurore boréale en France, un article dédié fait le point. Pour qui veut compter les taches soi-même, le comparatif de télescopes solaires existe déjà, et le poids de cette activité sur le climat se lit dans l'article sur l'activité solaire et le réchauffement. Et ce que les régions actives envoient vers la Terre, puis la façon dont la magnétosphère l'encaisse, est le sujet de l'article sur la mission SMILE de l'ESA.
Que prévoyait-on en 2019, et que prévoit-on maintenant ?#
La prévision de 2019 et le réel se comparent grandeur par grandeur.
| Grandeur | Prévision du panel (décembre 2019) | Observé (SIDC et STCE, séries SILSO V2.0) |
|---|---|---|
| Maximum lissé | 115 | 160,9 |
| Fourchette annoncée | 105 à 125 | 160,9, au-dessus de cette fourchette |
| Date du pic | juillet 2025, plus ou moins 8 mois | octobre 2024 |
| Fenêtre annoncée du pic | novembre 2024 à mars 2026 | octobre 2024, avant le début de cette fenêtre |
Le pic de juillet 2025 et la valeur de 115 viennent du communiqué de la NOAA ; la fourchette et la fenêtre du pic, de l'article du SIDC. Sur le jugement à porter sur le panel, mon avis reste partagé : la valeur du pic sort de la fourchette annoncée, mais le SIDC qualifie lui-même cette fourchette de très étroite, et sans critère fixé d'avance je ne sais pas dire si l'erreur tient à la méthode ou au choix d'une fourchette aussi serrée.
Selon la page de suivi de la NOAA, ce panel a été remplacé en février 2025 par un ajustement mensuel d'une courbe non linéaire. Voici la trajectoire prévue du lissé, d'après le fichier du 1er octobre 2026 :
| Mois | Lissé prévu |
|---|---|
| juillet 2026 | 92,5 |
| janvier 2027 | 90,6 |
| juillet 2027 | 74,9 |
| janvier 2028 | 58,9 |
| janvier 2029 | 33,6 |
| janvier 2030 | 16,9 |
La dernière échéance du fichier est décembre 2030, et l'incertitude est large : pour juillet 2027, selon ce même fichier, la valeur prévue de 74,9 s'accompagne d'une fourchette de 56,3 à 92,2. Un mensuel brut de 76,0 en août 2026 à côté d'un lissé prévu de 92,5 en juillet 2026, deux valeurs tirées des fichiers de la NOAA, ne se contredit pas : ce sont deux grandeurs, et la seconde est une prévision. La fin du cycle 25 n'a pas de date publique : la table du SILSO n'en porte pas, et la NOAA, qui ne produit pas de prévision pour le cycle 26, situe son début entre janvier 2029 et décembre 2032.
Conséquence pratique : pour citer le niveau actuel du Soleil, il faut toujours donner la grandeur et le mois.
Questions fréquentes sur le cycle solaire de 11 ans#
Combien de temps dure un cycle solaire ?#
Environ 11 ans, selon l'ESA et la NASA, mais la durée mesurée varie. D'après la table des cycles du SILSO (version 2.0), le cycle 22 a duré 9 ans 11 mois, le cycle 23 a duré 12 ans 4 mois et le cycle 24 a duré 11 ans 0 mois. La revue de Hathaway (2015) donne une moyenne d'environ 132 mois, avec un écart-type d'environ 14 mois.
Où en est le cycle solaire 25 en octobre 2026 ?#
Au 1er octobre 2026, le maximum lissé de 160,9 date d'octobre 2024, d'après le SIDC et le STCE. Le dernier lissé calculable est celui de mars 2026 (94,5, provisoire, d'après le fichier du SILSO) et le dernier mensuel brut celui d'août 2026 (76,0, provisoire, selon le fichier de la NOAA). Le STCE décrit une baisse continue. Selon son fichier de prévision du 1er octobre 2026, la NOAA attend un lissé de 58,9 en janvier 2028 et de 33,6 en janvier 2029.
Le maximum du cycle 25 est-il passé ?#
Le SIDC et le STCE placent le maximum lissé en octobre 2024. Le 15 octobre 2024, la NASA, la NOAA et le Solar Cycle Prediction Panel ont annoncé que le Soleil avait atteint sa période de maximum, qui pouvait durer encore un an. Selon la NASA, le pic exact ne se détermine que de nombreux mois après.
Pourquoi parle-t-on d'un cycle de 22 ans ?#
Parce que la polarité magnétique des taches s'inverse d'un cycle à l'autre : selon la loi de Hale, citée par Hathaway (2015), les taches d'un cycle ont la polarité opposée à celles du cycle précédent. Chapman, McIntosh, Leamon et Watkins (Astrophysical Journal, 2021) parlent d'un cycle de Hale d'environ 22 ans, soit deux cycles de taches.
Pourquoi 216,0 et 160,9 pour le même maximum ?#
Ce sont deux grandeurs. 216,0 est la moyenne mensuelle brute d'août 2024, la plus haute depuis septembre 2001 (238,2), selon le STCE. 160,9 est le nombre lissé sur 13 mois, atteint en octobre 2024 d'après le SIDC et le STCE. Un maximum se cite toujours avec sa grandeur, mensuel ou lissé.
Sources#
- Solar Cycle 25 reached its maximum in October 2024, SIDC, consulté le 1er octobre 2026
- Solar Cycle 25 tracking, STCE, consulté le 1er octobre 2026
- Table of minima, maxima and cycle durations (version 2.0), SILSO, consulté le 1er octobre 2026
- Monthly mean total sunspot number (version 2.0), SILSO, consulté le 1er octobre 2026
- Monthly mean total sunspot number, information, SILSO, consulté le 1er octobre 2026
- New sunspot number version 2.0, SILSO, consulté le 1er octobre 2026
- Observed solar cycle indices, NOAA SWPC, consulté le 1er octobre 2026
- Predicted solar cycle, NOAA SWPC, consulté le 1er octobre 2026
- Solar Cycle Progression, NOAA SWPC, consulté le 1er octobre 2026
- Solar Cycle 25 Forecast Update, NOAA SWPC, consulté le 1er octobre 2026
- Joint solar maximum announcement, NASA and NOAA, NOAA SWPC, consulté le 1er octobre 2026
- NASA, NOAA: Sun Reaches Maximum Phase in 11-Year Solar Cycle, NASA, consulté le 1er octobre 2026
- Sun's surprising activity surge in Solar Orbiter snapshot, ESA, consulté le 1er octobre 2026
- The Solar Cycle, Hathaway, Living Reviews in Solar Physics, consulté le 1er octobre 2026
- Chapman, McIntosh, Leamon, Watkins, Astrophysical Journal (2021), arXiv 2101.02569, consulté le 1er octobre 2026
- Hale's sunspot polarity law, NCAR HAO, consulté le 1er octobre 2026
- Preprint arXiv 2606.15259, non évalué par les pairs, consulté le 1er octobre 2026
- Image : NASA's SDO Observes Largest Sunspot of the Solar Cycle : Credit: NASA/GSFC/SDO, domaine public





