En février 2027, deux planètes atteignent leur opposition à huit jours d'intervalle, et toutes les deux dans la même constellation. Jupiter le 11, Mars le 19, le Lion pour l'une comme pour l'autre : c'est le site allemand Sterngucker qui relie ces deux dates dans une même page consacrée au ciel de février 2027. Un observateur qui prépare cet hiver-là n'a donc pas une cible à viser, mais deux, dans le même coin de ciel et à quelques soirées d'écart.
L'opposition de Mars, elle, est datée à la minute : le 19 février 2027 à 15h45 UTC, selon Explore Scientific. La planète y atteint un diamètre apparent de 13,8 secondes d'arc, pour une distance de 101,7 millions de kilomètres, soit 63,0 millions de miles. Star Walk donne la magnitude associée, -1,2. Ces valeurs se préparent à l'avance, parce que la fenêtre utile s'ouvre bien avant : dès la mi-octobre 2026.
La fenêtre s'ouvre le 14 octobre 2026, pas en février#
L'Association of Lunar and Planetary Observers (ALPO), sous la plume de Jeff Beish, fixe une borne d'entrée précise : le disque observable de Mars dépasse 6 secondes d'arc à partir du 14 octobre 2026, et l'apparition commence à cette date pour les observateurs équipés d'instruments de 4 à 8 pouces et au-delà. Autrement dit, bien avant l'opposition, Mars est déjà un disque, plus un simple point orange.
Plus tard dans l'automne, la planète est installée dans sa constellation d'opposition. Toujours selon l'ALPO, au 20 novembre 2026, Mars est visible en fin de nuit dans le Lion, à la magnitude 0,6. Elle y restera : c'est bien dans le Lion que se joue toute la séquence, jusqu'à l'opposition de février.
C'est la raison pour laquelle je traite ce sujet en septembre 2026 plutôt qu'en janvier. Une opposition planétaire ne se prépare pas la semaine d'avant, et la rentrée de Vesta en octobre 2026 tombe précisément dans la même fenêtre : autant caler les deux dans le même agenda.
Une opposition aphélienne : ce que ça change réellement#
Le mot compte, et il conditionne tout ce que le lecteur verra dans son oculaire. L'ALPO classe l'apparition 2026-2027 comme aphélienne, et donne le critère chiffré : la longitude orbitale de Mars au moment de l'opposition n'est qu'à 4,5° de sa longitude d'aphélie, elle-même située à 70° Ls. Mars est donc proche du point de son orbite le plus éloigné du Soleil quand la Terre la double.
Conséquence concrète, documentée par nakedeyeplanets.com : le disque est plus petit et l'opposition moins favorable qu'une opposition périhélienne, comme celle de 2018 ou celle à venir en 2033. La même source chiffre l'écart d'une manière que je trouve plus parlante que n'importe quelle formule : en 2027, Mars n'atteint que 54 % de la taille maximale possible lors d'une opposition périhélienne favorable. La valeur figure dans une cellule du tableau comparatif du site, pas dans une phrase rédigée : je la donne pour ce qu'elle est, un ordre de grandeur publié par une seule source.
Et ce rythme n'a rien d'aléatoire. Toujours selon nakedeyeplanets.com, les oppositions les plus brillantes et les plus favorables de Mars se regroupent par deux ou trois, à des intervalles de 15 et 17 ans. C'est le genre de cycle long qui me retient : la qualité du rendez-vous ne se lit pas dans la seule date, elle se lit dans la place de cette date à l'intérieur du cycle.
Deux chiffres méritent d'être distingués plutôt que confondus, parce qu'ils ne mesurent pas la même chose. Les 101,7 millions de kilomètres d'Explore Scientific sont la distance au moment exact de l'opposition, le 19 février. La distance minimale entre les deux planètes, elle, tombe le lendemain : 0,67792 unité astronomique, soit 101,4 millions de kilomètres, le 20 février 2027, d'après spider.seds.org, une valeur recoupée par l'ALPO et par nakedeyeplanets.com. Deux valeurs voisines, deux définitions différentes du même rapprochement, et deux dates distinctes : l'instant de l'opposition n'est pas l'instant de la distance minimale.
Une opposition modeste reste une opposition. Le pilier a déjà traité ce gabarit sur Saturne en juillet 2026 et sur Neptune en septembre 2026 : le principe y est détaillé, je ne le reprends pas ici.
Le calendrier complet, d'octobre 2026 à juillet 2027#
Ces bornes se lisent d'ordinaire éparpillées sur plusieurs pages. Les voici regroupées, avec leur origine ligne par ligne. La borne de fin, le 1er juillet 2027, mérite une réserve de sourçage : l'ALPO l'écrit noir sur blanc, en précisant que le disque ne repassera pas sous ce seuil avant cette date, mais aucune autre source consultée ne la reprend.
| Date | Ce qui se passe | Source |
|---|---|---|
| 14 octobre 2026 | Le disque dépasse 6 secondes d'arc, début de l'apparition pour les 4 à 8 pouces | ALPO |
| 20 novembre 2026 | Mars dans le Lion à la magnitude 0,6, visible en fin de nuit | ALPO |
| 10 janvier 2027 | Début de la rétrogradation de Mars | ALPO |
| 11 février 2027 | Opposition de Jupiter, dans le Lion | Sterngucker |
| 19 février 2027, 15h45 UTC | Opposition de Mars : 13,8 secondes d'arc, 101,7 millions de kilomètres | Explore Scientific |
| 20 février 2027 | Distance minimale Terre-Mars : 0,67792 UA, soit 101,4 millions de kilomètres | spider.seds.org |
| 1er avril 2027 | Fin de la rétrogradation de Mars | ALPO |
| 1er juillet 2027 | Le disque repasse sous 6 secondes d'arc | ALPO |
La rétrogradation, du 10 janvier au 1er avril 2027 selon l'ALPO, encadre l'opposition de façon presque symétrique. C'est la période où Mars semble revenir sur ses pas parmi les étoiles du Lion : le mouvement se suit très bien sur des relevés de position espacés de quelques nuits, y compris à l'œil nu pour la trajectoire générale.
Explore Scientific donne aussi la déclinaison de Mars à l'opposition, +15,4°. C'est une coordonnée de position, à ne pas confondre avec une hauteur au-dessus de l'horizon, qui dépend du lieu d'observation et de l'heure.
Jupiter le 11, Mars le 19 : deux cibles dans le Lion#
C'est l'élément qui change le plus la préparation d'une soirée d'hiver, et il se perd facilement derrière l'annonce d'une date isolée. Sterngucker titre sa page de février 2027 sur cette double opposition et pose la mécanique en une phrase : Jupiter le 11 février, Mars le 19 février, huit jours d'écart, les deux planètes dans le Lion.
Pour un observateur, ça veut dire une seule constellation à repérer au lieu de deux, sur un même créneau de nuit, à huit jours d'intervalle. Les deux planètes se suivent dans le Lion, et une sortie préparée pour l'une sert à l'autre.
Sur le moment où il faut vraiment sortir l'instrument, en revanche, je n'ai pas d'arbitrage tranché. Commencer dès le 14 octobre 2026, comme l'apparition le permet pour les 4 à 8 pouces, c'est accepter un disque encore proche du seuil de 6 secondes d'arc pendant des semaines ; attendre la quinzaine de février, c'est tout miser sur une opposition qui ne donne que 54 % de la taille maximale possible. Les deux stratégies se défendent, et je ne prendrai pas parti entre elles.
Quel instrument pour voir autre chose qu'un disque#
Sur ce point, la donnée ne dépend pas de l'année, et c'est heureux, parce que la référence francophone la plus précise sur l'instrumentation martienne, Stelvision, a été rédigée pour l'opposition précédente. Le seuil technique, lui, reste valable.
Selon Stelvision, une lunette ou un télescope de 60 à 100 mm de diamètre, à fort grossissement, fait apparaître le disque de Mars, mais sans plus : aucun détail de surface. Pour accéder aux premiers détails, la même source situe le besoin à partir de 115 à 130 mm de diamètre, avec un grossissement fort, jusqu'à 1,5 fois le diamètre instrumental. Ces deux valeurs viennent d'une page unique et non recoupée par une autre source : elles indiquent un ordre de grandeur, pas une frontière garantie.
Un détail précis vaut le détour cette fois-ci. L'ALPO signale que la calotte polaire nord sera inclinée vers la Terre pendant toute la durée de l'apparition, ce qui en donnera une excellente vue ; spider.seds.org va dans le même sens, en parlant de la meilleure vue possible de la calotte nord. La géométrie est nommée par l'ALPO : la Terre se trouve environ 20° au nord de l'équateur céleste de Mars. Pour ce que ces calottes donnent à fort diamètre, Stelvision publie le dessin d'un astronome amateur réalisé au télescope de 406 mm, à 470 fois, où la calotte polaire est visible ; c'est une illustration isolée, elle ne fixe aucun seuil minimal.
Reste que Mars n'est pas seulement un disque à scruter depuis la Terre. Les cinq ans de Perseverance et Curiosity rappellent l'écart entre les deux échelles de lecture de cette planète : 13,8 secondes d'arc dans un oculaire d'un côté, des échantillons de roche analysés au sol de l'autre.
Ce qu'il faut caler dès maintenant#
Trois dates suffisent à ne rien rater : le 14 octobre 2026 pour sortir l'instrument, le 20 novembre 2026 pour repérer Mars dans le Lion en fin de nuit, et la quinzaine du 11 au 19 février 2027 pour les deux oppositions. Le reste, rétrogradation comprise, se lit dans le tableau plus haut.
Et pour ceux qui aiment les cibles difficiles, la série continue : l'opposition de Pluton de juillet 2026 occupe la case opposée du spectre, celle où le diamètre apparent ne veut plus rien dire du tout.
Sources#
- Oppositions of Mars, Explore Scientific, consulté le 16 septembre 2026
- The 2026-2027 Aphelic Apparition of Mars, ALPO Astronomy, consulté le 16 septembre 2026
- Mars 2027, spider.seds.org, consulté le 16 septembre 2026
- Mars Oppositions from 2012 to 2027, nakedeyeplanets.com, consulté le 16 septembre 2026
- Night sky February 2027: Jupiter and Mars opposition, Sterngucker, consulté le 16 septembre 2026
- Next Opposition of Mars, Star Walk, consulté le 16 septembre 2026
- Observer la planète Mars à l'œil nu ou au télescope, Stelvision, consulté le 16 septembre 2026
- Mars opposition 2026-27, British Astronomical Association, consulté le 16 septembre 2026





