En 1976, l'Union astronomique internationale retenait parmi ses constantes la durée de l'année julienne, 365,25 jours, qui sert encore aujourd'hui de base au calcul de l'année-lumière. Trente-six ans plus tard, en 2012, une autre résolution de la même assemblée fixait la valeur exacte de l'unité astronomique, dont dérive le parsec. Deux décisions séparées dans le temps, deux unités qu'on confond pourtant sans cesse dans le langage courant.
Réponse directe#
Une année-lumière vaut exactement 9 460 730 472 580 800 mètres : c'est la distance parcourue par la lumière dans le vide en une année julienne de 365,25 jours, un système fixé par l'Union astronomique internationale en 1976. Le parsec, l'unité que les professionnels préfèrent, vaut lui 3,261563777 années-lumière, soit 30 856 775 814 913 673 mètres.
Le chiffre n'a rien d'approximatif, et c'est précisément ce que la plupart des définitions courtes laissent de côté. L'année-lumière est le produit de deux constantes fixées, pas mesurées à chaque fois : l'année julienne, qui vaut 365,25 jours soit 31 557 600 secondes, et la vitesse de la lumière dans le vide, fixée à 299 792 458 mètres par seconde. Les deux valeurs figurent dans le système IAU de 1976, ce qui fait de l'année-lumière une distance calculée une fois pour toutes, et non une observation qu'on affine d'une mission spatiale à l'autre.
C'est là que le mot « année » trompe. On l'associe à un calendrier, à des saisons, à quelque chose de vécu. Ici, il désigne une durée abstraite de 365,25 jours, l'année julienne, distincte de l'année civile de 365 ou 366 jours. Retirer cette précision du calcul, c'est retirer ce qui rend le chiffre exact plutôt qu'à peu près vrai : sans elle, on ne sait même plus de quelle année on parle.
Le parsec : pourquoi les professionnels ne comptent pas en années-lumière#
L'unité astronomique, celle qui sert à mesurer les distances à l'intérieur du Système solaire, a été fixée en 2012 à exactement 149 597 870 700 mètres. Le parsec en dérive directement : il correspond à 648 000 divisé par pi unités astronomiques, soit 30 856 775 814 913 673 mètres exactement, ce qui équivaut à 3,261563777 années-lumière.
Pourquoi cette unité, si peu intuitive au premier abord, s'est-elle imposée dans les publications professionnelles plutôt que l'année-lumière, plus parlante pour le grand public ? Parce qu'elle colle directement à la façon dont on mesure une distance stellaire : par parallaxe, l'angle apparent que dessine une étoile proche vue depuis deux points opposés de l'orbite terrestre. La distance en parsecs s'obtient alors en divisant simplement 1 par cet angle exprimé en secondes d'arc, sans conversion intermédiaire. L'année-lumière, elle, reste plus parlante pour raconter une distance en termes de temps de trajet de la lumière, ce qui explique pourquoi la vulgarisation la préfère malgré tout au parsec des catalogues.
Quatre distances de référence, et ce qu'on sait de leur précision#
Sur un sujet proche, découvrez notre article : Temps de trajet de la lumière : neuf paliers vers le passé.
Le format le plus courant sur le sujet s'arrête à une définition et un chiffre en kilomètres. Ce qu'il omet presque toujours, c'est la précision réelle de chaque mesure de distance, qui se dégrade à mesure qu'on s'éloigne du Système solaire, jusqu'à disparaître complètement des sources.
| Objet | Distance | Méthode | Incertitude |
|---|---|---|---|
| Proxima Centauri | 4,2465 années-lumière (1,3020 pc) | Parallaxe, Gaia DR3 (2020) | ± 0,0499 mas sur la parallaxe |
| Centre galactique (Sagittarius A*) | 8,178 kpc, soit environ 26,67 kilo-années-lumière | Interférométrie, collaboration GRAVITY | ± 0,013 kpc (statistique), ± 0,022 kpc (systématique) |
| Galaxie d'Andromède (M31) | Environ 2,5 millions d'années-lumière (~765 kpc) | Non précisée par la source | Valeur donnée comme approximative par la source |
| MoM-z14 | Distance comobile actuelle d'environ 33,8 milliards d'années-lumière | Redshift spectroscopique (z = 14,44) | Aucune barre d'erreur publiée ; résultat confirmé par revue par les pairs le 28 janvier 2026 |
Proxima Centauri porte une barre d'erreur chiffrée à la quatrième décimale, produit d'une mission spatiale dédiée à la mesure des parallaxes. Andromède, à l'inverse, reste citée comme une valeur approximative, sans marge d'erreur publiée dans la documentation courante. C'est la source elle-même qui s'arrête là. Il faut nuancer en conséquence chaque fois qu'on la cite.
Voir loin, c'est regarder dans le passé#
MoM-z14 tient, à la date de publication de cet article, le record de l'objet le plus distant jamais observé, un résultat validé par revue par les pairs le 28 janvier 2026. Sa lumière a mis 13,53 milliards d'années à nous parvenir, ce qui signifie qu'on observe la galaxie telle qu'elle était il y a 13,53 milliards d'années, pas telle qu'elle est aujourd'hui. La distance comobile de 33,8 milliards d'années-lumière, elle, mesure autre chose : la position actuelle de cette galaxie, compte tenu de l'expansion de l'univers survenue depuis que sa lumière est partie. Ce n'est pas une incohérence, encore moins une erreur de calcul quelque part dans la chaîne : c'est l'expansion elle-même qui creuse l'écart entre les deux nombres.
Paradoxalement, c'est le même principe qui s'applique à des échelles bien plus modestes : la lumière que reçoit un télescope amateur pointé sur Andromède a mis environ deux millions et demi d'années à traverser l'espace intergalactique, et celle de Proxima Centauri un peu plus de quatre ans. Un soir, en reportant ces quatre distances sur un même axe pour un graphique personnel, la disproportion m'a presque donné le vertige : Proxima Centauri tient sur quelques centimètres de la feuille, MoM-z14 en sort largement. Aucun calcul savant là-dedans, juste une échelle qui refuse de se laisser apprivoiser par l'intuition.
Je ne sais pas très bien comment on est censé se représenter mentalement un trajet de lumière aussi long sans finir par confondre la durée du voyage et la distance parcourue aujourd'hui. Le constat est là, malgré tout : à l'échelle du Système solaire, on raisonne encore en unités astronomiques, comme pour la distance qui sépare la Terre de la Lune ; dès qu'on quitte notre étoile, l'année-lumière et le parsec prennent le relais, chacun avec sa logique propre.
FAQ#
Qu'est-ce qu'une année-lumière, exactement ?#
C'est la distance parcourue par la lumière dans le vide en une année julienne, une durée fixe de 365,25 jours définie par le système IAU de 1976, et non l'année calendaire de 365 ou 366 jours. Cela donne exactement 9 460 730 472 580 800 mètres.
Pourquoi les astronomes utilisent-ils le parsec plutôt que l'année-lumière ?#
Le parsec dérive directement de la parallaxe, l'angle observé pour mesurer une distance stellaire : diviser 1 par cet angle en secondes d'arc donne la distance en parsecs sans conversion. L'année-lumière reste plus parlante pour le grand public, mais moins pratique pour les données d'observation brutes.
Combien vaut exactement un parsec en années-lumière ?#
Un parsec vaut exactement 30 856 775 814 913 673 mètres, ce qui équivaut à 3,261563777 années-lumière. Cette valeur dérive directement de la définition fixe de l'unité astronomique adoptée par l'Union astronomique internationale en 2012.
Pourquoi la distance de MoM-z14 dépasse-t-elle l'âge de l'univers en années-lumière ?#
Parce que la distance comobile de 33,8 milliards d'années-lumière décrit où se trouve la galaxie aujourd'hui, compte tenu de l'expansion survenue depuis l'émission de sa lumière, alors que les 13,53 milliards d'années mesurent seulement le temps de trajet de cette lumière. Les deux nombres répondent à deux questions différentes.
- Image : Champ profond de Hubble, plusieurs centaines de galaxies : Credit: NASA/ESA/STScI, domaine public






Comment on obtient exactement 9 460 730 472 580 800 mètres#